Jeudi 30 Juin 2016

Nos rubriques :


RESTAURATION
Organisés par les monuments historiques les travaux sont en cours sur la façade est



La ville radieuse

 

André WOGENSCKY

 

Architecte Membre de l'Institut - Académie des Beaux-Arts

 

 

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Au lieu de subir les tares et la vétusté de nos villes actuelles, Le Corbusier montra qu’il était possible de construire des villes nouvelles de qualité.

En augmentant le volume des immeubles  d’habitation on pourrait libérer entre eux de grandes surfaces d’espace libre. En ordre de grandeur, les immeubles de nos villes anciennes ont environ 10 mètres d’épaisseur et 25 mètres de hauteur. En doublant ces deux dimensions, donc en quadruplant le volume et en construisant des immeubles de 15 à 20 mètres d’épaisseur et de 50 mètres de hauteur, on pourrait libérer de grands espaces sans diminuer la densité. Les immeubles seraient espacés les uns des autres d’environ 250 à 300 mètres ou même plus. Les espaces seraient avant tout des jardins. Au lieu d’ouvrir les fenêtres sur des rues, tous les appartements ouvriraient sur des parcs. Dans ces espaces verts des routes remplaceraient les rues. Certains équipements pourraient y être réalisés tels qu’écoles, terrains de sport et de jeux, dispensaires, jardins de promenade, parkings, etc.  les grands équipements collectifs étant rassemblés dans les centres urbains. Le principe de ville fut nommé  "Ville radieuse" par le Corbusier. Il en dessina de nombreux plans de principe. L’un des plus exemplaires est le plan qu’il proposa en 1945 pour la reconstruction de St-Dié. 


Appartement en profondeur

 

André WOGENSCKY

 

 

Architecte,  Membre de l'Institut - Académie des Beaux-Arts

 

 

Pour réaliser des immeubles de 15 à 20 mètres d’épaisseur Le Corbusier prolonge l’appartement dans le sens perpendiculaire aux façades. L’appartement est "en profondeur". Il traverse l’épaisseur de la construction et s’ouvre à ses deux extrémités sur les façades Est et Ouest. Le grand axe longitudinal de l’immeuble est orienté Nord-Sud.

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Les deux grandes façades sont l’une à l’Est l’autre à l’Ouest et reçoivent le soleil le matin ou l’après midi. Sur la façade Sud sont possibles des appartements moins profonds.
L’appartement comporte deux niveaux et devient comparable à une villa. Les logis d’un nouveau type sont accessibles par de longs et larges couloirs nommés "rues intérieures", desservies  par une batterie d’ascenseurs. L’un  des  niveaux du logis est à hauteur de cette  rue  et lui sert d’accès, l’autre niveau passe ou au dessus ou en dessous du niveau de la rue. Les étages sont aussi formés de trois niveaux, celui de la rue, celui au dessus, celui en dessous.
A chaque niveau chaque façade d’appartement est prolongée vers l’extérieur par une loggia. L’appartement est une villa suspendue au dessus du sol.


L'aboutissement d'un programme de recherche.

 

   J. SBRIGLIO

    J.Sbriglio 

 

Architecte, membre de la Fondation

 

 

Le projet de construction de La Cité Radieuse est l’aboutissement d’un programme de recherche sur le logement, et la question urbaine, mené par Le Corbusier durant près d’un quart de siècle. Le but était d’apporter une réponse nouvelle au problème de logement collectif, dans sa double dimension urbaine et architecturale en un moment où la France est en train d’accumuler un déficit considérable dans ce domaine.

Pour répondre à la commande de la construction d’une unité d’habitation, passée en 1945 par le ministre de la reconstruction Raoul Dautry, Le Corbusier va développer l’idée d’un modèle innovant et avant-gardiste : La cité-jardin verticale qui s’avère selon lui résulter "du don des techniques modernes, phénomène de synthèse architectural supprimant le gaspillage et prenant en charge les plus lourdes fonctions domestiques. Selon Le Corbusier, l’Unité d’Habitation crée un phénomène social productif dans lequel l’individuel et le collectif s’équilibrent dans une juste répartition des fonctions de la vie quotidienne". L’idée de base de ce nouveau modèle est simple. Il s’agit, sur des terrains artificiels supportés par des pilotis, de construire des ensembles de logements individuels insérés dans la logique d’une structure collective, destinée à apporter par ses équipements l’organisation nécessaire à l’épanouissement de la vie sociale. Ce faisant, Le Corbusier invente ainsi un objet urbain, ni barre, ni tour "intrinsèque comme un gratte-ciel", un unicum qui, placé en représentation dans l’espace de la ville, transcende sur le plan symbolique la fonction ordinaire du logement.
Entre grandeur démonstrative théorique et design expérimental, Le Corbusier applique les méthodes du management industriel, découvert entre les deux guerres, pour conduire son projet.

Son objectif est de faire porter l’innovation sur quatre points précis :
- d’abord, la dimension urbaine, dans la mesure où ce projet représente une tentative radicale de renouvellement de la structure traditionnelle de l’îlot, aux niveaux spatial et fonctionnel
- ensuite, les techniques de construction, qu’il envisage d’orienter vers des procédés d’industrialisation, contrôlés par l’utilisation d’un nouveau dimensionnement donné par le Modulor
- également l’emploi de nouveaux matériaux, dont la mise en œuvre devrait favoriser les techniques d’assemblage et de montage à sec selon ma métaphore de la bouteille dans le bouteiller
- enfin, sur la conception du logement, d’un point de vue technique par le contrôle du son, de la lumière, de la ventilation et d’un point de vue spatial par la mise en place de dispositifs susceptibles de produire de nouveaux usages dans l’espace de l’habitat.

"Dans cette bataille technique, le véritable enjeu était de ne pas perdre de vue les deux objectifs initiaux :
Le premier : fournir dans le silence, la solitude et face au soleil, à l’espace, à la verdure, un logis qui soit le réceptacle parfait d’une famille.
Le second : dresser face à la nature du Bon Dieu, sous le ciel et face au soleil, une oeuvre architecturale magistrale, faite de rigueur, de grandeur, de noblesse, de sourire et d’élégance."

Dans cette optique, l’Unité d’habitation qualifiée également par Le Corbusier de grandeur conforme correspond à une unité sociable comptant 1600 habitants, comprenant 337 logements de 23 types différents et une série d’équipement comme : école maternelle, hôtel, commerce, bureaux, gymnase… L’Unité d’Habitation c'est aussi  137 m de long, 24 m de large et 56 m de hauteur, édifié sur 18 niveaux et couronné par un toit-terrasse aménagé. 


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