Vendredi 19 Septembre 2014

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Information
Seul l'Office de Tourisme et des Congrès de la ville de Marseille est habilité à organiser les visites de groupes



Présentation didactique de l'UH de Mareille

 Crédit Photos: Alain Guyot

Ce regard porté sur l’architecture de l’unité d’habitation est le fruit d’une production pédagogique des étudiants en 2ème année d’architecture à Luminy pilotés par Messieurs Jean-Lucien Bonillo et Jacques Zoller, Professeurs à l’Ecole d'Architecture de Marseille.Ce travail a été finalisé sous la direction d'Alain GUYOT Enseignant-Chercheur à l' ENSA Marseille et commissaire d'exposition pour la commémoration des "50 ans de l'unité d'habitation de Marseille."
L’objectif a été de montrer les différents points de ce bâtiment en proposant à travers une recherche documentaire historique des éléments qui ont défini les particularités de cette architecture.

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Pour chaque thème abordé, une maquette physique et une visite interactive informatique 3D ont illustré ces approches didactiques. L’évaluation de ces travaux par les enseignants s’est déroulée dans le Jardin d’hiver du 3e niveau de l’Unité en audience libre avec les habitants. En voici les principaux produits :

L'axe héliothermique
Le parc
La structure
L’unité et la cellule
La coupe de la cellule
L’équipement de la cellule
La polychromie intérieure
Les fluides et les réseaux
Le système d’accès
La logique distributive
Le déambulatoire
La rue commerçante
L'école maternelle
Le toit-terrasse


L' axe héliothermique

 

Par : Frédéric GRANIER, Louis O'RHAND-BEAUDON, Guillaume PEPIN,                Dan RENAUT et Tavetauha VITANOVA  - Etudiants 2e année Ecole                    d’Architecture Marseille Luminy

 

Les principes évoqués à Athènes : Suite  au  congrès d'Athènes des C.I.A.M, en 1933,  Le Corbusier publie "La Charte d'Athènes" où il résume les observations et propositions qui y ont été faites. On peut voir ici comment l'architecture pour Le Corbusier n'est pas seulement un objet mais aussi son rapport à ce qui l'entoure et surtout à la ville.
On  peut y discerner  les articles  suivants dont il a tenu compte pour son projet sur l'Unité d'Habitation.

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- Art.16 Page 40 :
"Les constructions  élevées  le  long  des voies  de  communication  et  autour  des carrefours sont préjudiciables à l'habitation."
"On attribuera désormais à l'habitation et à la circulation des zones indépendantes. La maison, dès lors, ne sera plus soudée à la rue par son trottoir. L'habitation se dressera dans son milieu propre où elle jouira de soleil, d'air pur et de silence."

 - Art.23 Page 47 :

"Les quartiers d'habitation doivent occuper désormais dans l'espace urbain les emplacements les meilleurs, tirant parti de la topographie, faisant état du climat, disposant de l'ensoleillement le plus favorable et de surfaces vertes opportunes."

 

- Art.26 Page 50 :

"Un nombre minimum d'heures d'ensoleillement doit être fixé pour chaque logis."

 

- Art.27 Page 51 :

"L'alignement des habitations au long des voies de communication doit être interdit. Au troisième C.I.A.M. de Bruxelles en 1930, il présente le projet de sa "Ville Radieuse", les planches 3 et 4 sont consacrées à l'insolation des bâtiments.

Le principe adopté est celui de "l'axe héliothermique" pour l'implantation des bâtiments et dont le "principe de détermination" est donné en planche 3.

Pour Le Corbusier ce tracé devrait être le premier geste de l'urbaniste et le premier acte de l'autorité.

L'axe héliothermique est l'armature du tracé urbain.


La Structure

 

Par : Ismail AKAJNI, Hamid BAYA, Fanny LACROIX, Caroline LODEY             et Karine SEGUIER - Etudiants en 2e année de l'Ecole d’Architecture Marseille Luminy

 

 

L'unité d'Habitation propose 4 étagements :

L'ossature, Le sol artificiel, Les pilotis, Les fondations.

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L'Ossature : Le principe de construction, dit "casier à bouteilles" consiste à construire des appartements indépendants à l'intérieur d'une ossature de poteaux et de poutres en béton armé. Chaque cellule est posée sur des plots en plomb pour assurer une bonne isolation acoustique. Le corbusier va éliminer la possibilité de construction métallique, en raison des difficultés d'approvisionnement en cette période d'après-guerre. Il retiendra donc le béton armé pour l'ossature générale, le bois et le métal pour l'ossature des appartements constitués eux-mêmes d'éléments standards assemblés sur place. L'ossature repose sur un sol artificiel, véritable galerie des machines de cette immense "paquebot" de béton.

 Le sol artificiel : C'est une table de béton armé de 135 m par 24 m, et reposant sur 17 portiques écartés de 8,38 m. Dans cette unité d'habitation, la métaphore du paquebot cède la place à celle du sous-marin, notamment avec la succession de trente deux compartiments qui fragmentent cette galerie des machines. Le sol artificiel, situé à 8 m du sol naturel, a une épaisseur de 2 m sur toute la longueur du bâtiment. Il est découpé dans le sens transversal par les poutres des portiques qui prennent appui sur deux pilotis,et dans lequel sont aménagés des orifices permettant le passage du personnel de service.

Les pilotis : Le pilotis fut utilisé par Le Corbusier pour la première fois en 1922 dans la seconde version de la maison Citrohan. Dans l'unité d'habitation de Marseille, ces mêmes pilotis vont atteindre leur plus grande maturité quant à leur degré de signification. En effet dans ce projet le pilotis atteint une triple signification : La signification urbaine, architecturale, mais aussi technique et pratique.
Selon Le Corbusier, le pilotis permet à l'urbaniste moderne d'éviter intelligemment les contraintes du terrain à bâtir et de sa topographie...
Du point de vue architectural, le pilotis permet l'obtention d'un "plan libre", point fondamental de l'architecture moderne. On peut ainsi supprimer les murs porteurs. Sur le plan technique, le pilotis sert de support au sol artificiel et à la structure alvéolaire en béton armé qui abrite les différentes cellules. De plus, le pilotis est conçu pour recevoir le système de canalisation des eaux usées ainsi que l'évacuation des vides ordures individuels de tous les appartements.

 Les Fondations : Chaque pilotis repose sur une semelle de fondation elle-même supportée par trois puits de 1,5 m de diamètre dont le pied est élargi en champignon à 10 m de profondeur environ.
De nombreuses études seront faites par Le Corbusier afin de réaliser la bonne conception de ces pilotis pensés comme des lieux majeurs du bâtiment et chargés d'assurer le rapport entre la ville, l'architecture et la nature.
 


Le Parc

 

Par : Stéphanie COET, Magali GOINARD, Gergana NANOVA, Damien BULYEZ, Philippe DUMAS et Brice MAGGIO - Etudiants 2e année Ecole d’Architecture Marseille Luminy

 

Le parc joue  une  place  importante  dans  le  projet de  Le Corbusier. D'ailleurs, un de ses objectifs était de "fournir  dans le silence, la solitude et  face au soleil, à l'espace, à  la verdure, un  logis qui soit  le réceptacle parfait d'une famille". Le parc  est composé de quatre parties autour du bâtiment axé nord-sud :

- Côté Est : Le parc accueille les totems de mesures du Modulor sous forme d'un parc urbain,

- Côté Ouest : Le parc devient parking,

- Plus haut sur la butte, les autres espaces tels que les espaces de jeux et de rencontres sont présents.

- A l’écart, il y a aussi le poste de collecte à ordures ménagères.

Contrairement   aux   autres  bâtiments  qui  s'alignent  sur  le boulevard Michelet, soucieux de l'orientation  par rapport au soleil, Le Corbusier choisit une orientation nord-sud pour son unité d'habitation, créant un "devant" et un "derrière". Tout d'abord, un coté  intime, sur  la face du bâtiment, "réservé" aux résidents et comprenant les différentes  structures d'activités. De l'autre coté, le parc semble plus ouvert au public. En effet, il est largement ouvert sur le boulevard Michelet  et ses piétons. L'espace de circulation  sous le bâtiment, laissé  libre par la construction sur  pilotis, permet  un continuum  spatial  et visuel. Cela évite donc l'effet de rupture brutale ;  le bâtiment est posé dans le parc sans le détruire.

 

Les totems : Sur le parvis du bâtiment on distingue trois totems qui montrent les principes de base du travail de Le Corbusier :

- Le premier d'entre eux, ''le modulor" se dresse sur le parvis et rappelle ainsi les couleurs utilisées par le Corbusier dans son unité d'habitation,

- Le deuxième est la pierre d'inauguration, du même type que celle utilisée dans l'unité,

- Le troisième représente des unités de mesures qui ont permis à Le Corbusier de bâtir son unité.

 

L’éclairage : Les système d'éclairage est différencié :

 

- Sur le parvis, l'éclairage se fait par des "blocs" éclairant essentiellement en partie basse,

- Sur la partie "arrière" du parc, ce sont de petits lampadaires de style moderne (hauteur 1,60 m),

- Sur le parking, les lampadaires sont à 3 m du sol. Le système d'éclairage donne l'impression de suivre  la configuration  du parc. L'espace "avant" est un  espace dépourvu de végétation (seuls des parcelles de pelouse et quelques arbres le composent). Dans cette même optique  l'arrière est un  espace riche en végétation et leur hauteur se trouve en accord avec la hauteur des lampes


L’unité et la cellule

 

Par : Arnaud BENSARD, Jonathan INZERILLO, Edouard MONGUET                   et Pierre ROTGE - Etudiants 2e année Ecole d’Architecture Marseille Luminy

 

Le concept du casier à bouteilles : Le Corbusier définit le logis comme le contenant "d'une famille". Ce contenant peut être comparé à une bouteille parfaite que l'on peut insérer non pas dans un immeuble traditionnel mais dans une "ossature portante", véritable "bouteiller" conçu comme une structure d'accueil à l'intérieur de laquelle le logement peut, en fonction des besoins, devenir interchangeable. Les appartements sont constitués d'éléments standards assemblés sur place ; les murs et les plafonds sont construits en béton cellulaire et fibres de bois surfacées de plâtre, quant aux cloisons, elles sont composées de plaques de plâtre sauf pour les points d'eau où le fibrociment a été utilisé. Le plancher en panneaux de bois de chaque cellule repose sur des solives de tôles pliées, elles-mêmes isolées de l'ossature en béton sur laquelle elles prennent appui par des boîtes à plomb. Sur le plancher couvert de feutre bitumé, un panneau d'isorel mou recouvert d'isorel mi-dur et de linoléum parachève une isolation phonique.

 

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Le logis est conçu comme une villa indépendante de la structure porteuse, isolé par un dispositif résiliant composé de poutrelles et de boîte de plomb. Ce procédé permet d'isoler phoniquement les cellules les unes des autres et de la structure porteuse. L'ossature poteaux/poutres libère logiquement la façade de la fonction porteuse. Il n'y a plus de mur porteur pour couper la vue du dedans vers le dehors. Seul les poteaux portent les planchers, ce qui a permis à Le Corbusier d'offrir un pan de verre pour chaque logement qui diffuse une lumière abondante dans la cellule, contrastant avec la pénombre de la rue.

On voit que la structure de chaque logis est entièrement indépendante de l'ossature de béton armé. Chaque appartement est composé de cellules construites par panneaux préfabriqués et montés dans l'ossature. Une plus grande organisation de la préfabrication aurait permis de construire ces cellules en usine puis de les disposer dès leur achèvement ; les moyens de l'époque ne le permettaient pas encore.

La cellule comme moyen d'unité : Le Corbusier va définir une cellule de base destinée à une famille de deux à quatre enfants qui, après étude, va donner naissance à son "couple de cases ", c'est à dire un ensemble traversant de deux cellules  orientées Est/Ouest et imbriquées autour d'une rue intérieure. Il aboutit ainsi à un système d'étage courant qui s'organise sur trois niveaux. Ainsi, un évident souci de rationalisation conduit à définir trois modules standards : Le premier comporte l'entrée, le couloir d'accès, la cuisine et la salle commune ; le deuxième, la chambre parentale, la salle de bains et les toilettes ; enfin le troisième est réservé aux deux chambres d'enfants.

Ces trois modules permettent de multiples combinaisons, depuis la simple cellule pour célibataire au type E pour des familles en passant par les chambres de l'hôtel de la rue commerçante, de type A (337 appartements au total).

L'unité d'habitation de Marseille fut donc le résultat de vingt-cinq années de recherches tendant à donner à l'habitant une liberté individuelle dans une organisation collective.


L’équipement de la cellule

Par : Maud CHAUMONT, Stephan GROSELIER, Audrey COIANIZ et Jérémy BUS - Etudiants 2e année Ecole d’Architecture Marseille Luminy

L'objet ne doit donc pas venir encombrer, meubler ou encore tapisser 13equipDSCN2257.gifnotre appartement, mais bien au contraire le servir. Il se met en valeur par son utilité. En d'autres termes, un objet est beau à partir de l'instant où il nous rend des services, facilite et embellit notre vie quotidienne : il rayonne par son utilité et sa discrétion "pour laisser son maître libre". Le mobilier intégré, pensé en terme d'organisation constructive, articule et délimite les différents espaces en prenant place dans la cellule en tant que volume à part entière et non comme le mobilier traditionnel qui vient se surajouter à l'espace.

La table à langer conçue par Charlotte Perriand vient combler un espace qui aurait été certainement perdu entre la cloison de la grande chambre et le garde-corps bibliothèque. Ce meuble, de forme cubique, composé d'une double étagère, d'un plan de travail et d'une trappe qui donne accès à un grand tiroir, réunit trois critères principaux de la doctrine de Le Corbusier : fonctionnalité, physionomie-type et gain de place.

La physionomie des meubles part de l'idée de volumes simples qui viennent se glisser dans une structure. Charlotte Perriand utilise des feuilles de contre-plaqué pour les panneaux coulissants, et plus généralement, l'acier sous forme de tubes est exploité pour définir les structures des meubles et les éléments de remplissage sont en bois. On retrouvera les notions de "casiers modulables", de "murs utilitaires". Jean Prouvé expérimentera même les meubles en kit. Toutes les perspectives de gain d'espace et de rangement sont exploitées.

Des "besoins-types" génèrent des "meubles-types". Le Corbusier développe la thèse que l'objet doit être le prolongement du corps humain, une sorte de "membre-artificiel" qui accomplit des tâches quotidiennes, pénibles ou difficiles. Il travaille donc à l'échelle humaine, la question du corps est importante. Des formes plus souples naissent, on pense à la fameuse chaise longue qu'il dessine dont l'ergonomie épouse parfaitement la forme du corps. Mais la plupart de ces objets doivent être à la portée économique de tous : Le mobilier intégré livré avec la cellule est d'abord fabriqué en usine.

L'industrialisation est un argument cher à Le Corbusier. Le Corbusier vante la rapidité, la précision et la quasi-perfection avec laquelle la machine travaille. Face aux mains de l'artisan, le gain de temps et l'économie réalisés sont incomparables. D'autant que "l'ère machiniste" est au service de toutes les classes de la société.

Dans les cellules de l'Unité d'Habitation, il y a très peu de place aux "objets-sentiment", une seule étagère à bibelots encastrée dans un mur est prévue à cet effet.
L'équipement de la cellule est à l'époque une grande avancée. Tout est invention (porte-bibliothèque dissimulant le cumulus), avancée technologique (comme l'évier broyeur ou la cuisinière électrique équipée d'une hotte aspirante) et innovations (le vide-ordure individuel, par exemple) pour organiser la vie des futurs occupants. Les notions d'ordre, de géométrie, de fonctionnalité, de gain d'espace et de temps président à la réalisation du mobilier.


La polychromie interieure

 

Par : Célina PIGEAT, Alexandre KEGHIAN, Laurence FERRIOT                           et Julien RAMPAL - Etudiants 2e année Ecole d’Architecture Marseille Luminy

 

LA POLYCHROMIE DES ESPACES COLLECTIFS permettait à Le Corbusier de créer l'espace et de provoquer des sensations chez les personnes.
Lorsqu'on arrive dans le hall d'entrée à part des pointes de couleurs dues aux vitrages et aux ascenseurs, le reste paraît être une exposition du béton et une façon d’observer de près le jeu de texture créé sur la façade. Il y a 9 étages, 5 donnent accès aux appartements, 2 composent la rue commerçante et l'hôtel, et les deux dernières qui donnent accès à l'école maternelle et au toit-terrasse. A l'arrivée des étages d'accès aux appartements on observe une différence prononcée entre la partie en pleine lumière et la partie dans la pénombre.

En sortant des ascenseurs on est dans une partie très éclairée composée de quelques notes de couleurs, qui sont le vert et le rouge, le couloir de distribution des appartements dans l'obscurité est rythmé par les portes aux couleurs vives mises en évidence par un éclairage artificiel sur les portes et un sol noir qui reflète les couleurs. Les couleurs des portes sont celles des façades, c'est à dire le rouge, le bleu, le vert et le jaune mais à la place de la terre de Sienne on trouve un jaune orangé ainsi qu'un marron pastel que l'on trouve juste sur les boites aux lettres du 6e étage.

Dans les deux derniers étages, la polychromie n'est présente qu'à l'arrivée des ascenseurs aux portes rouges (pour tous les étages) encadrés par quatre bandes de vert et de rouge qui alternent. Le fond à l'arrivée est bleu pour donner de la profondeur au mur. La partie des ascenseurs est la même pour tous les étages. Lorsqu'on arrive aux étages pour les appartements qui sont les 1er, 2e, 3e, 5e, 6e, 7e étages, il y a une répétition des couleurs identique à chaque étage, les portes que l'on voit en sortant de l'ascenseur sont bleues et vertes, de même que celle au bout du couloir. Le bleu et le vert ne définissant pas l'espace, ces couleurs permettent de le prolonger, elles sont toujours placées à l'intérieur de manière à faire avancer l'individu.

Pour ce qui est de la rue commerçante toutes les portes et les devantures sont en bois et vitrées, en dehors de l'hôtel. Le Corbusier considérait le bois comme une couleur et une matière bienfaisante pour l'homme. La répétition de la couleur sur les portes garde le même rythme pour tous les étages (sauf les deux derniers) on retrouve une gamme chromatique qui est jaune orangé, jaune, vert, bleu, rouge et qui ne varie pas sauf au bout du couloir côté Nord où il n'y a pas de jaune. L'atmosphère créée par ces couleurs et cette lumière donne un aspect intimiste au couloir en faisant une nette démarcation entre les accès aux domaines publics tel que la rue commerçante ou le hall où il y a une absence de polychromie, c'est en quelque sorte neutre alors que les accès de distribution pour les appartements ou les chambres de l'hôtel qui passent du public au privé sont intimes.

Chaque étage a sa couleur dominante définie par les boîtes aux lettres et les casiers devant les portes. Pour les étages d'appartements, les couleurs sont le bleu pour le 7e et le 1er, le rouge et le brun pour le 5e et le 6e et enfin le vert pour le 2e, les couleurs vives le jaune et le jaune orangé sont situées aux 3e et 4e étages. Les couleurs les plus "corbuséennes" sont aux étages privatifs et les plus neutres aux étages publics. Dans ce cas, la polychromie définit certains espaces, crée une ambiance, donne des repères. Dans le hall du 3e étage côté Nord il y a d'un coté un mur rouge qui définit un lieu et en face un mur vert qui annonce que la circulation continue.


Les fluides et les réseaux

 

Par : Tsangy ANDRIAMITANTSOA, Eléonore BIENFAIT, Anthony DUPEYRE,          Mounir KEBIRI et Lisa SUFFREN - Etudiants 2e année Ecole d’Architecture        Marseille Luminy

 

Le gros œuvre intègre dans ses creux et ses surépaisseurs, tous les éléments techniques de la construction (tuyaux, gaines de vide-ordures, de ventilation et de chauffage, etc.). Ils traversent le bâtiment, sans jamais être apparents.

Air : Le brassage du volume intérieur est assuré par arrivée d'air en façade et par son évacuation vers la partie centrale de la cellule (cuisine), salle de bain, W-C. La régulation d'air est en plus assurée par des bouches réglables. Le Corbusier reprend ici la notion de "respiration exacte" où la ventilation des logements est assurée tant par convection naturelle grâce au type traversant des appartements que par un système d'extraction de l'air vicié depuis le sol artificiel jusqu'au toit-terrasse. L'hiver, le confort thermique est apporté par un chauffage fonctionnant par air pulsé à partir d'une chaufferie collective au fuel.
La localisation de la chaufferie se fera dans un local enterré, car la surcharge sur la dalle du niveau 1 du bloc sud ne permettait pas de l'intégrer dans le sol artificiel pensé comme lieu d'intégration de l'ensemble des éléments techniques de la cité.

L'eau : Les cellules des quatre premiers étages sont alimentées par l'eau de ville. Au dessus de l'entrée de l'immeuble une salle dite des pompes assure le remplissage du bassin alimentant les rues supérieures à la quatrième rue. Le bassin sert comme réserve pour la lutte contre l'incendie.

La cuisine est équipée d'un évier double-bac avec vide ordure par voie humide ; la salle de bain est équipée d'une baignoire, d'un bidet et d'un lavabo ; les chambres (à part la chambre principale donnant sur la salle de bain) bénéficient chacune d'un lavabo. L'eau froide est distribuée sans dispositif de comptage. L'eau chaude est fournie par un cumulus électrique propre à chaque logis. La cuisine se trouve au creux d'une équerre spatiale formée par la structure, les gaines de ventilation et de passage des fluides. Située en tête de la cellule, elle devient le lieu de régulation et de contrôle des échanges entre le logement et l'Unité. C'est à travers elle que tout le système de "respiration exacte" s'effectue. Ce principe émane d'un ingénieur parisien, André Missenard.

Le poste de collecte des ordures ménagères : se présente sous la forme d'un parallélépipède de béton brut aux angles arrondis et dont le volume suit le tracé d'une courbe correspondant très précisément au dispositif technique qu'il abrite. Les déchets liquides et solides évacués par les vidoirs individuels des cellules tombent en pied de pilotis dans une tranchée longitudinale Nord Sud qui rejoint ce poste de collecte. Ces déchets sont stockés dans une première cuve qui les hisse au sommet d'un silo en béton. Au fur et à mesure des besoins, ce silo déverse ces déchets dans des containers métalliques qui sont récupérés par la suite par les services de la ville affectés à cette tâche.

Les pilotis : Outre le rôle fondamental du système constructif, ils ménagent le passage des descentes d'eaux usées et des évacuations des vides ordures individuels de tous les appartements.
Le sol artificiel : est situé au dessus des pilotis. Des voiles en béton armé, percées de passages en trous d'homme, déterminent 32 compartiments techniques. Dans ces compartiments passent les fluides nécessaires à la vie de l'immeuble : électricité, eau potable, eaux vannes et usées, chauffage, vide-ordures …


Le système d’accès

 

Par : Carole CHATAIGNER, Virginie COZON, Nathalie LACHAISE et Stéphanie MOUTTE - Etudiants 2e année Ecole d’Architecture Marseille Luminy

 

 

Le système d’accès :
Situation et rôle par rapport au bâtiment : Le système d'accès est traité comme un espace de transition entre l'intérieur et l'extérieur. Trois étapes sont franchies par le visiteur : l'auvent, la salle hypostyle et la salle regroupant les fonctions plus techniques.
Le hall assure la liaison entre le sol et le bâtiment surélevé par des pilotis. Le système d'accès est traité comme la "nacelle" d'un vaisseau qui descendrait vers le sol et proposerait aux visiteurs une circulation l'amenant jusqu'au sein du bâtiment. Ce volume s'emboîte dans la trame des pilotis. L'auvent et les deux volumes du hall donnent l'échelle humaine au bâtiment. Un agent de sécurité accueille le visiteur pour le diriger dans cette ville avec logements et services (maternelle, restaurant, hôtel, gymnase, etc.). Ce lieu de convivialité joue le rôle de la place de village avec ses bancs, sa cabine téléphonique ...

Composition spatiale : Ce hall de l'Unité, renvoie à cet univers très particulier des rez-de-chaussée des Buildings qui peuplent les downtown américains. La composition dissymétrique de 2 espaces sensiblement carrés et légèrement décalés garde une unité par un axe traversant le hall de part et d'autre. Cette "percée" est renforcée par les ouvertures. Le sas principal est directement confronté à une large ouverture face à lui et donnant libre champ sur le boulevard Michelet. Cette axialité est renforcée et guidée par les colonnes qui se situent dans la première salle du hall. L'entrée principale s'ouvre sur un petite salle hypostyle. Les colonnes montrent la volonté d'utiliser les murs comme des voiles et non comme une structure, le mur devient claustra. Cet espace est discontinu en coupe et continu en plan.
Il y a 2 entrées publiques à l'ouest et au sud. Au nord, l'entrée de service et son couloir donnent accès au monte-charge. L'auvent situé devant l'entrée Ouest comme pare-soleil ou parapluie, accueille les voitures au pied du bâtiment. Le Corbusier nomme ce dispositif "autoport" qui apparaît dès 1912 avec la villa Favre Jacot. La fonction symbolique est de se placer entre le bâtiment et le parc.

Composition structurelle : Inscrit dans la trame de l'édifice, le hall possède sa propre structure constructive. On trouve cependant deux tailles de poteaux porteurs à l'intérieur. En plan, on distingue plusieurs systèmes. Dans l'espace d'accueil six gros piliers porteurs en béton dont quatre enserrant les ascenseurs sont inclus dans la trame des pilotis supportant le bâtiment. Dans l'espace d'entrée, on comptabilise neuf poteaux beaucoup plus petits, constituant le système porteur du toit de cette salle. Les hauteurs de plafonds entre les deux espaces sont continues.

Traitement plastique : A l'intérieur du hall en béton, le verre transparent et les claustras colorés translucides jouent avec la lumière (inspiré par la visite du jardin de la maison de André Maisonnier, où se trouvaient des jeux d'enfants en ciment et verre coloré). Les portes rouges des ascenseurs ponctuent l'espace. La forme de l'auvent offre l'image d'une structure composée d'un tripode et d'une couverture en voile mince venant survoler la masse cubique du hall d'entrée qui se glisse sous le bâtiment.


La logique distributive

 

Par : Sophie BARREIROS, Pierre DEPOIZIER, Hélène MOREILHON,                Cécile ROURE et Marie-Anne THOMAS -  Etudiants en 2e année Ecole d’Architecture Marseille Luminy

 

La libération du sol par l'implantation de pilotis pose le principe d'une redistribution dans les trois dimensions. L'unité d'habitation développe une logique distributive verticalement et horizontalement.
La distribution verticale : Elle est regroupée essentiellement dans la partie centrale (trois ascenseurs, un ascenseur de service ainsi qu'un escalier de secours) et, aux extrémités, (deux escaliers de secours intérieurs et un escalier de secours extérieur depuis le niveau 3).

Voulant garder le contact avec la vie horizontale, Le Corbusier limite le développement en nombre d'étages de l'immeuble. Le système d'appartements en mezzanine, desservi par la rue intérieure, tous les trois niveaux, sur toute la longueur du bâtiment, facilite la distribution verticale. Le nombre d'arrêts des ascenseurs est ainsi limité à huit, leur débit est accéléré et leur fonctionnement est plus économique.

Ce  système  de  distribution  est  mis  en  évidence dès l'entrée dans le hall par sa couleur chatoyante. Ainsi un palier d'attente s'organise autour des ascenseurs éclairés grâce aux ouvertures de la façade Est. Il est comparable à celui réservé au trafic monte-charges à vitesse lente, à proximité des escaliers de secours, pour le premier, situé en partie Nord, le second assure la liaison entre l'extérieur et la rue commerçante.
Quatre escaliers (dont un à l'extérieur en façade Nord) assurent l'évacuation des occupants en cas de danger. Trois de ces escaliers rythment, au niveau du sol en façade Ouest, la pénétration dans l'immeuble.

La distribution horizontale : Le hall public est constitué d'un espace d'accueil, d'une batterie d'ascenseurs et d'une banque d'accueil. L'entrée du hall s'intègre dans la continuité du bâtiment grâce à son alignement avec les pilotis. Le hall de départ des ascenseurs est un espace plus technique ; On y trouve le tableau de contrôle des ascenseurs, la banque d'accueil et l'accès à la salle des machines.
 
La distribution horizontale par les rues intérieures, donne accès aux logis. Tels les couloirs d'un paquebot, les sept coursives privées de lumière naturelle, baignent dans une ambiance mystérieuse.
L’une d’elles est la rue commerçante (lisible en façade par les lames verticales du pare-soleil). Le Corbusier proportionne ce volume aux mesures du corps humain, d'après sa réflexion établie par les deux séries de valeurs dimensionnelles (rouges et bleues) connues sous le nom de Modulor. Ainsi la largeur du couloir initialement fixée à 2,96 mètres relève de la série rouge (pour être exécutée à 2,80 mètres), à l'inverse la hauteur atteint 2,26 mètres, appartenant à la bleue. Cette coursive prend la forme d'un T dont la barre verticale serait extrêmement étirée. La gradation de la luminosité génère implicitement un cheminement à suivre.
 
Dans les coursives, notre regard, attiré par une lumière jaillissante des ascenseurs, nous guide vers d'autres lieux à découvrir, soulignés par la polychromie des portes, induisant un rythme coloré. Les rues introduisent la notion de passage : Espace de transition par excellence avec le logement. On peut mettre en évidence le fait que la lumière est un fil conducteur de la logique distributive horizontale.


Le déambulatoire

 

Par : Fabrice CARBONE, Denis CHASSAGNE et Thomas FOGACCI  - Etudiants 2e année Ecole d’Architecture Marseille Luminy

 

 

Le déambulatoire est conçu comme un espace de circulation et de rencontre entre les habitants, c'est le "prolongement du logis". Cette vision du déambulatoire est calquée sur le modèle du paquebot et celle de la promenade. En position centrale dans ce bâtiment, il occupe le 3e et le 4e étage.

Analyse :
Face à la mer, le déambulatoire offre un réceptacle de lumière du fait des brise-soleil. Mais cette lumière est accompagnée et accentuée par les carreaux de marbres polis, tels des miroirs réflecteurs. Cette vision s'en trouve rythmée au plafond par des poutres en béton armé laissées apparentes, elles sont séparées à intervalles réguliers où le contraste avec le plafond blanc vient jouer avec les poutres grisées. La variation de luminosité par le parcours du soleil associe durée et rythme du temps auxquels les hommes sont soumis.
Les murs transversaux se répondent en créant une opposition de couleur où l'accès par la rue commerçante s'ouvre sur une surface rouge et le passage au 4e niveau présente une surface verte. Cet espace intérieur entre en résonance avec l'espace extérieur où l'on y retrouve le thème des polychromies. Le Corbusier affirme que l'homme ne peut pas se passer de couleurs : "J'ai toujours attaché la plus grande importance à la polychromie et j'ai cherché à découvrir les fonctions naturelles de la couleur" (extrait d'une lettre à Vladimir Nekrassov, Paris, le 20 décembre 1932).

Le déambulatoire peut être assimilé à la place publique d'une ville, ici la Cité Radieuse. Les réverbères, dessinés par Iannis Xénakis, forment un ensemble avec le banc en s'encastrant dans ce dernier. Ils définissent l'échelle humaine. Ils créent un prolongement du jour dans la nuit, combinant le prolongement du soleil et de la lumière artificielle.
la façade intérieure Ouest :
Elle est marquée par le rythme fort de la structure en béton armé. Les baies sont fragmentées en plusieurs parties en verre et aussi en bois ce qui donne un effet de vitrail. Lorsque le soir tombe et que les lampadaires s'allument, le déambulatoire vu de l'extérieur donne une lumière constante et régulière avec un effet de calme général.

A propos du brise-soleil ...
Le Corbusier raconte avec humour les causes de l'invention du brise-soleil :    "C'est en pays tempéré, à Paris, que j'ai ressenti les effets inamicaux du soleil à certaines saisons (l'été) derrière un vitrage de verre...".Les faces latérales des lames verticales disposées obliquement par rapport au pan de verre, sont capables de créer l'animation des volumes. Le brise-soleil devient le "mur-lumière.
Le brise-soleil vient s'ajouter aux " cinq points " de l’architecture moderne de 1925.


La rue commerçante

 

Par : Alexandre MARTEL, Olivia PEYRONNEL, Mélanie PHILIBERT                 et  Stéphane ROMAIN - Etudiants 2e année Ecole d’Architecture Marseille Luminy

 

Programmation : L'Unité, desservie par 5 rues intérieures superposées, héberge à mi-hauteur du bâtiment (niveau 7 et 8) la rue commerçante. Dans le programme de l'avant projet, Le Corbusier prévoyait d'y installer un grand magasin de ravitaillement, des entrepôts frigorifiques, des boutiques, un restaurant ou encore, des chambres d'hôtel réservées en priorité aux habitants pour y loger leurs invités. Ce programme se mettra lentement en place après la livraison de l'immeuble en 1952 : des services communs : poissonnerie, charcuterie, boucherie, épicerie, vins, crémerie, boulangerie, pâtisserie, fruits, légumes et plats cuisinés. Un service de livraison dans les appartements. Un restaurant, salon de thé, snack bar, permettant de prendre des repas. Des boutiques : salon de lavage, repassage, pressing et teinturerie, droguerie, coiffeur, de plus un bureau de poste auxiliaire, tabacs, journaux, librairie et dépôts de pharmacie.

Les équipements communs et le logement ont donné l'identité au projet de l'U.H. Ils sont de deux types : les             "services communs", réservés au domaine alimentaire et autres commerces quotidiens, et les "prolongements du logis" destinés à l'éducation, aux loisirs, au sport et à la santé. Selon Le Corbusier, cet équipement commercial "en l'air" à mi-hauteur permet aux habitants de partager les trajets. " La rue commerçante " recevant le public, est un lieu de sociabilité au sein de l'U.H.de Marseille, exprimée également par la présence du déambulatoire. Extérieurement, sur la façade Est et Ouest on la repère aux brises soleil, ainsi qu'aux escaliers qui s'arrêtent au 7e niveau. A l'époque de sa conception l'U.H. se composait de tous les commerces mentionnés plus haut, aujourd'hui, seuls la boulangerie, l'Hôtel et le restaurant fonctionnent toujours. A la place des autres commerces, des bureaux s'y sont installés.
A l'intérieur les rues sont traitées par les parois en panneaux préfabriqués de béton de gravillons lavés, dont la texture joue en contrepoint de la dalle lisse du plafond introduisent une dimension urbaine dans le bâtiment. La rue commerçante est concurrencée par l'évolution urbaine du quartier (grandes surfaces et autres commerces). A l'époque la zone était éloignée de tout équipement. Aujourd’hui, l'économie et le style de vie des habitants ont changé.

Structure : Le Corbusier a choisi de garder la même trame pour les logements et les services communs. L'élément marquant sur cette coupe est l'apparition des escaliers de secours qui débutent au niveau 7, c'est à dire que le flux piétonnier était à cet endroit prévu comme un flux important. C'est d'ailleurs sans doute pour cette raison que les escaliers de secours sont décentrés sur la façade Nord : ils sont placés dans la continuité du déambulatoire, espace assez large (2,96 m) et fluide pour permettre un déplacement rapide vers la sortie et rassurant de part sa double hauteur.
Aux niveaux 7 et 8, la dalle intermédiaire n'est pas percée et permet une double hauteur dans l'hôtel, qui devient un espace accueillant et lumineux.
La rue du niveau 7 est un espace sombre, d'autant plus que la plupart des façades des boutiques n'étaient pas vitrées mais recouvertes de pans de bois. Cet espace est perçu comme un lieu où les clients potentiels peuvent rentrer dans une boutique ou continuer vers le déambulatoire. Le Corbusier marquait ainsi, une différence entre la promenade d'ordre marchand et l'accès à l'espace des bureaux.


La maternelle

 

Par : Laure PANTEL, Marie KOLMAYER, Marie DURAND                                   et Jean-Sébastien EYSSERIC - Etudiants 2e année Ecole d’Architecture             Marseille Luminy

Historique du projet : Ce niveau qui accueille aujourd'hui l'école était réservé dans l'avant projet à l'installation d'un service de santé très complet. Ce n'est qu'un an avant la fin du chantier que le ministère demandera de prévoir une école sur le toit. Le Corbusier va renouer avec le plan libre. Il s’attachera à sauver la dimension sociale de son projet compromis par la mise en vente des appartements dans le domaine privé. Cette école aura un caractère d'exemplarité que Le Corbusier répercutera dans les projets de Nantes et Firminy.
"Un petit paradis à 56 mètres au-dessus de la porte d'entrée". La maternelle se trouve au niveau 17.

Le jour de la mise en route de la maternelle, "les mamans, leurs gosses à la main, sont montées sur le toit. Elles ont été éblouies par la splendeur du spectacle : ciel, monts, mer, îles… et architecture. En fin d'après-midi, elles sont revenues chercher leurs petits. La joie rayonnait sur le visage des gosses." (Propos recueillis de la directrice Madame Ougier). En effet, Le Corbusier chercha à créer un lieu d'apprentissage où tout serait à la portée de l'enfant, à son niveau, à son rythme.
On retrouve les trois sections habituelles de maternelle et une section préparatoire de 6 à 7 ans. Le programme pédagogique est celui des écoles de France. L'éducation artistique y tient une place plus importante que d'ordinaire. La salle au-dessus de la cour de récréation (sur le toit-terrasse) est entièrement réservée à la peinture; des bancs de pierres sur le toit permettent aux enfants de modeler sans cesse de nouvelles "œuvres" ; la salle de jeu est propice au théâtre spontané …
La mer, le ciel, les montagnes, le soleil, sont autant d’éléments naturels que les enfants ont quotidiennement sous les yeux, depuis l'école et la cour de récréation.
La lumière : Le corbusier a choisi de favoriser des classes inondées de lumière. Il a été contraint de placer le couloir au milieu du plan et, c'est pour cette raison, qu'il est obscur. Les classes sont largement éclairées toute la journée par des fenêtres qui se situent tout le long des loggias.
La maternelle développe un des thèmes chers à Le Corbusier, c'est la promenade architecturale : Une entrée colorée, le couloir sombre, la salle d'accueil lumineuse et vaste, les salles de classe, la salle de repos bleue, un mur courbe, l'espace de la vasque, la rampe inclinée qui mène à la cour de récréation sur le toit-terrasse. La vue exceptionnelle sur la ville, lorsque l'enfant regarde par les fentes du mur ou lorsqu'il monte sur le plan incliné aménagé sur l'espace de jeux. Le grand privilège est d'avoir une pataugeoire pour jouer l'été. A côté, des murets courbes des bancs protègent les enfants du vent. L'ancienne crèche, devenue l'atelier de peinture de la maternelle, vient au-dessus de la pataugeoire.
La maquette : présente la structure, les guides de la promenade architecturale, la mise en lumière, le lien maternelle, le toit terrasse, la cour de récréation.


Le toit terrasse

 

Par : Brunehilde CARASSO, Nadir CHIKH, Aurélie CRISTINI, Estelle JULIAN,        Claire TERRIEN et Corinne ZOLLER - Etudiants 2e année Ecole d’Architecture Marseille Luminy

 

Le toit-terrasse apparaît dans l'œuvre Le Corbusier dès 1922 avec les Immeubles-villas. Il prend une importance nouvelle comme lieu de rencontres et devient un "instrument d'urbanisme".
Travail conjoint de Messieurs Afonso, Aujame, Candilis, Serralta …et Le Corbusier, le toit-terrasse de l'unité de Marseille a un caractère scénique et ludique. Au sommet de sa "machine à habiter", Le Corbusier crée une véritable "architecture pour émouvoir" : un toit suspendu, entre ciel et terre, laissant une part importante à la dimension plastique et esthétique.

Poser, flotter, voler : L'omniprésence du bleu, les perspectives du bastingage, la vue dominante offerte par la passerelle, donne le sentiment d'un paquebot quittant la côte, laissant ville et montagne derrière lui. Le balcon en porte-à-faux, comme la proue du navire, nous détache du reste du bâtiment, la terrasse de la maternelle ressemble à la cabine de pilotage d’où l’on aperçoit la mer. On se promène sur la piste comme sur un pont de transatlantique. Les cheminées d'aération et la fumée qu'elles dégagent se dessinent dans le ciel tout comme celles d’un transatlantique.

Composition du toit-terrasse : A l'ouest, du côté de la mer, se trouvent les gradins et les cheminées, à l'est, vers la ville, la tour des ascenseurs et la surface carrée de la maternelle. Ainsi, Le Corbusier donne la parole à son imagination et procède là à un jeu de composition. Le toit-terrasse est dimensionné avec précision : Cinq trames carrées de 4,19 m sur 4,19 m (côté du Modulor) composent sa largeur, 29 trames pour sa longueur. D'autre part, les différents volumes du toit-terrasse sont agencés à partir de la tour des ascenseurs, dans un rapport volumétrique au Modulor. Le Corbusier joue sur les différences de hauteurs entre la tour qui est une "verticale intégrale" et le gymnase moins élancé. Les cheminées lient les éléments de cette silhouette. Les figures simples, les lignes et les courbes forment un espace unique et ordonné.

Le Corbusier donne accès à l'éducation, à la santé, au sport, à la culture et au loisir, la locution "mens sano in corpore sano" est la base d'une bonne hygiène de vie. L'espace du toit est divisé en trois zones, l'extrême sud et l'extrême nord sont occupés par le domaine de la culture avec la maternelle et le théâtre. Les loisirs sont représentés avec les solariums sur le toit du bâtiment d'arrivée des ascenseurs. Le sport, quant à lui, se pratique à l'intérieur, au nord, avec le gymnase ainsi que sur tout le périmètre du toit avec la piste de course. Le toit terrasse possède, de fait, une fonction sociale importante dans la vie de l’unité d’habitation.

Le toit évoque une agora de par sa fonction de place en tant que lieu de rassemblement, de fêtes, d'activités culturelles perchée au-dessus des rumeurs de la ville. Le Corbusier introduit dans son projet une piste de course à pied de 300 m, un gymnase et un théâtre.
Le promeneur est impressionné par les volumes et transporté par l'épuration des formes.


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